Routes de l’exil et de l’évasion
Traverser les Pyrénées en passant par le Pallars Sobirà était une tâche risquée et pleine de dangers. Aux difficultés de l’environnement physique (orographie abrupte avec des cols de montagne proches des 3000 mètres, la présence de neige pendant presque huit mois de l’année et une très longue traversée), il faut ajouter les contraintes personnelles (méconnaissance des chemins, faible préparation physique et équipements insuffisants pour les expéditions en haute montagne). Sans manteaux ni chaussures appropriés et mal nourris, le voyage était une expérience mortelle pour les quelques personnes qui fuyaient. Et, une fois arrivés en Espagne, les obstacles continuaient de se dresser : absence de papiers, possibilité d’être expulsés, arrestations… Ces facteurs ont fait des évasions dans cette zone un épisode héroïque pour leurs protagonistes.
Fuir la France fut relativement facile pendant les deux premières années de la Deuxième Guerre mondiale, mais la situation changea à partir de novembre 1942 lorsque l’armée allemande occupa la France de Vichy et la surveillance des routes vers l’Espagne fut immédiatement renforcée dans le but de rendre les Pyrénées infranchissables.
Les itinéraires qui menaient au Pallars Sobirà traversaient les vallées d’Áneu, Cardós et Ferrera en suivant le lit des rivières Noguera Pallaresa, Lladorre, Noguera de Cardós, Noguera de Tor et Noguera de Vallferrera. La route principale qui relie Saint-Girons (Ariège) à la vallée d’Àneu passe par les voies situées dans le triangle Saint-Girons- Port de Salau – Port des Trois Comtes, qui convergent dans la vallée d’Isil pour continuer jusqu’à Esterri d’Aneu et Sort. L’itinéraire le plus fréquenté partait du village de Seix, d’où sortaient les sentiers menant au territoire espagnol par les ports de Pala de Clavera (2522 m), Tindarelha (2355 m), Aulà (2260 m), Portanèth d’Aurenèra (2331 m) et Salau (2087 m).
Après les cols de la vallée d’Àneu, ceux de la vallée de Cardós devinrent les plus fréquentés. Les routes partaient généralement de Saint-Girons et passaient par les ports de Tavascan-Marterat (2217 m) et Lladorre (2444 m). D’autres chemins sortaient de la ville d’Aulus-les-Bains vers les cols de Guiló (2318 m), Artiga (2481 m), Tres Comtes, Lladorre (2444 m) et Colatx (2416 m). Enfin, d’Auzat, partaient des chemins qui traversaient les ports de l’Artiga, Trois Comtes et Boet (2510 m) vers la vallée voisine de Vallferrera.
Sense abric ni calçat adequats, i mal nodrits, el viatge fou una experiència letal per a les persones que fugien. I, un cop eren a Espanya, els obstacles continuaven. À partir de la Principauté d’Andorre, quelques voies conduisaient à la commune d’Alins de Vallferrera. Il s’agissait de cols par lesquels étaient passés pendant des siècles les éleveurs, contrebandiers et les personnes fuyant les guerres: Boet, Baiau, Negre, Ovella, Cabús et Vell qui menaient aux villages d’Àreu, Tor et Alins.

